Podcast public : lutter contre les discriminations ethno-raciales

À l’occasion du 21 mars, en mémoire du massacre de Sharpeville, nous avons organisé une table ronde, en format podcast, sur la thématique de la lutte contre les discriminations ethno-raciales. Le podcast a été enregistré en public, qui était invité à intervenir, poser des questions ou témoigner.

Autour de la table :

  • Tahina Botton, présidente du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) sur la Métropole lilloise
  • Aline Freminet, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme Lille
  • Jeanne, journaliste Exprime, à l’animation
  • Pierre, bénévole Exprime, à la technique !

Une lutte, un combat

Tahina : « On est jamais assez trop nombreux. Quand on voit les chiffres qui ont été ceux qu’on a connus après les élections européennes de 11 millions de votants pour les idéologies d’extrême droite, on a vraiment besoin d’être très nombreux présents sur le terrain pour parler des discriminations. »

Aline : « Il faut toujours laisser les premiers concernés expliquer leur vécu. Mais pour faire société, même si on n’est pas concerné directement, on n’a pas envie de vivre dans une société ou certaines personnes sont exclues. C’est l’affaire de tous. »

Une mobilisation fatigante, mais nécessaire

Aline : « Le fait d’être dans un collectif, c’est ce qui donne le plus de force. Après faut réussir à se mettre d’accord avec soi même. […] Ça dépend beaucoup des engagements des élus. Est-ce que eux même ont des chargés de mission qui sont dédiés au poste ou pas ? C’est vrai qu’on se fatigue moins quand on a des personnes qui nous répondent, tout simplement. »

C’est quoi le racisme intériorisé ?

Tahina : « C’est ce racisme qu’on se construit, parfois suite à des agressions qu’on a vécues ou pour se donner l’impression de faire partie de la partie forte de la population et de ne pas être soi même sujet aux discriminations. […] Donc on va être vecteur soi même de racisme. »

Tahina : « On a un problème de racisme intériorisé qui n’aide pas la lutte contre le racisme, parce qu’il faudrait déjà être capable de travailler sur ses propres biais, avant de parler concrètement. Et on est tous traversé par des biais qu’ils soient racistes, misogynes, homophobes, etc. Et se remettre en question la dessus est déjà un gros travail. »

Raconter l’histoire

La journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale est portée le 21 mars par l’ONU, l’Organisation des Nations Unies. C’est une journée en mémoire du massacre de Sharpeville, en Afrique du Sud, en 1960, durant l’apartheid. La police a ouvert le feu sur une manifestation qui contestait le pass, un carnet d’identité qui limitait les déplacements et les zones de résidence des personnes noires. Il y a d’abord eu 69 morts, c’est ce qui a toujours été écrit. Mais des recherches dans les années 2020* ont recensé plutôt 91 morts.

*Voices of Sharpeville : The Long History of Racial Injustice, écrit par les historiens Nancy L. Clark et William H. Worger (témoignages oraux, dossiers médicaux d’autopsie et archives policières)

Tahina : « L’évolution des chiffres est une avancée, grâce aux documentations et à ces travaux qui sont faits, indépendants, et grâce à des camarades partout dans le monde qui  prennent le risque de faire ces travaux là, de recherche auprès de survivants, de familles qui cherchent encore leurs morts. […] On parle des chiffres très justement, mais on ne parle pas des personnes, et on ne parle pas de la cause. […] C’est à nous aussi de continuer de porter l’histoire de ces luttes. […] Ce sont des combats pour le respect des corps racisés, pour le respect des personnes qui ne peuvent plus parler. »

Aline : « Il y a la question du chiffre, mais derrière je dirais qu’il y a la question de la définition et du récit. […] Le génocide tzigane n’est pas reconnu en France alors qu’on parle d’entre 200 et 500 milles personnes qui ont été tuées par le régime nazi. »

À découvrir

Des voix et des droits, le podcast de la LDH, parce que comme nous le rappelle si bien Aline : « c’est une question politique à laquelle on peut apporter une réponse politique ».

Être actif et active dans la lutte peut aider. N’hésite pas à contacter les associations autour de toi.

La Ligue des Droits de l’Homme :

Le MRAP :


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