Le festival Nos Futurs s’est tenu à Lens, vendredi 1er mai. Organisé par Le Toit Commun, maison de l’économie sociale et solidaire, il proposait une autre vision de l’avenir, non défaitiste, fondée sur la coopération, le partage, l’action militante et la joie. Et de la joie, il y en a eu en cette journée très ensoleillée !
Conjuguer l’action au féminin
Dans notre monde où les droits des femmes ne sont jamais acquis, voici trois collectifs qui nous rappellent que les mâles dominants sont loin d’être indispensables…
- ALFA (Association locale des femmes actives) aide les femmes de toutes origines à s’insérer dans la société au travers d’activités sociales et culturelles, à Libercourt et alentours.
- Dian’Gar signifie « femme cheffe » en sara, langue du sud du Tchad. Depuis 2021, l’association accompagne des coopératives de femmes tchadiennes pour préparer la première exportation de karité biologique à destination de la France. L’objectif à long terme est de créer un revenu de substitution pour les exciseuses et de leur faire abandonner leur activité d’excision pour qu’un jour, aucune fille ou femme ne soit plus soumise à cette pratique.
- Bernadette Gruson, de la compagnie ZAOUM, présentait en avant-première son nouveau podcast consacré à l’agentivité féminine. À retrouver très vite sur les plateformes d’écoute !

Combattre et résister, encore et toujours
L’humanité ne peut perdurer dans l’individualisme. Les luttes conjointes sont le terreau d’un avenir commun, libre de discriminations et d’oppressions. Il n’y a pas d’âge pour militer, alors si tu cherches des collectifs à rejoindre, voilà quelques suggestions.

- Faut-il encore présenter la CIMADE ? Oui, et aussi longtemps que les personnes réfugiées et migrantes auront besoin qu’on défende leurs droits et leur dignité.
- Continuons dans les évidences à défendre, celle d’une sexualité libre, protégée, consentante et en bonne santé. Le Planning familial tenait une table, avec des bénévoles férocement féministes et antifascistes.
- Lutte et Contemplation est un collectif œcuménique qui souhaite porter une voix chrétienne dans les luttes écologiques et sociales. Sa mobilisation et ses actions de terrain sont créatives, joyeuses et non violentes.
- Prendre la parole, c’est la première des résistances et Micros Rebelles l’a bien compris ! Toute la journée, la radio libre et solidaire du bassin minier du Pas-de-Calais avait installé son studio au Toit Commun.

Croquer demain à pleines dents
Face aux pesticides, microplastiques, aliments ultra transformés et contaminations, il n’y a pas de fatalité si on se relève les manches.
- Pas de futur sans eau potable ! L’association Eau Secours 62 milite pour une gestion publique de l’eau. Non au gaspillage et à la pollution de ce bien commun ! Non à la marchandisation et aux logiques capitalistes autour de ce besoin humain !
- Le collectif VRAC (Vers un Réseau d’Achat en Commun) favorise l’accès à l’alimentation de qualité dans les quartiers populaires, dans le bassin lillois et l’Artois. Le bio ne doit pas être hors de prix et les foyers aux revenus modestes ont le droit de manger bien et bon.
- L’association Les Achilées constitue sa grainothèque grâce à ses plantations d’herbes et de légumes. Elle accompagne des projets à l’international et en local, avec des ateliers d’initiation à la petite agriculture. Si on peut, faire pousser ce qu’on mange est une solution. Sinon, on peut consommer local et de saison.

- Enfin, avec sa nouvelle exposition, À taaaaaaable ! (du 8 au 24 mai), La Maison nous invite à poser un autre regard sur nos modes de consommation. Pour visiter cette exposition installée dans un ancien estaminet transformé en demeure familiale et en espace de soutien à la création contemporaine, pense à réserver !
Créer pour imaginer l’avenir
L’espoir passe aussi par l’art et toutes les formes d’expression créatrice. Les mots sont les armes des rêveurs qui les écrivent et qui les lisent.
- Petit monde, tout petit monde : voilà que Thomas Suel, le fils de Lucien Suel, était l’invité d’honneur du festival. Sa poésie parlée en français et picard était pleine d’émotion et de peps.
Pour le plaisir, une bribe saisie au vol.
« […] Toi, là, et toi là, et voilà que t’es là, voilà que t’es là, voilà que t’es là, voilà que t’es là, voilà que t’es là, voilà que t’es là, voilà que t’es là… La voie lactée, la voie lactée, la voie lactée […] »
Thomas Suel, auteur
- La maison d’édition indépendante Des mots qui trottent a été fondée en 2016 à Lens. On peut difficilement faire plus local ! L’éditeur publie ce qu’il aime, des nouvelles au polar, en passant par la poésie et les récits de vie.
- Blandine Butelle a créé le personnage de Bénigne, petite sorcière rousse qui maîtrise bien mal ses pouvoirs, mais la magie trouve toujours un chemin.


- La librairie Sensations de Douai a inauguré un espace de ventes au Toit Commun parce qu’on aura toujours besoin de livres pour comprendre aujourd’hui et préparer demain.
- Après un deuil dévastateur, Ingrid Diereman a écrit Sous le ciel des coquelicots. Avec son récit, l’autrice espère aider ceux et celles « qui doivent continuer sans quelqu’un ».
- Julie Anthoine a publié des drames policiers et psychologiques, des romances ou encore des textes d’aventure. Il y en a pour tous les goûts !

Cette première édition du festival est une immense réussite. La fréquentation a battu son plein dès l’ouverture, la file était interminable pour attraper un sandwich ou une crêpe au chocolat, la musique a réchauffé les cœurs et les jambes, les enfants couraient partout… La joie, comme je disais ! On espère que Le Toit Commun partage cet avis et que l’évènement sera reconduit en 2027.
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