Née en 1994 dans la métropole lilloise qui reste son lieu de résidence, Pauline Harmange est romancière et essayiste.
Comment ai-je croisé ses mots ? Grâce au fabuleux pouvoir de l’effet Streisand qui a entouré son essai, Moi les hommes, je les déteste. J’ai dévoré l’ouvrage et j’ai commencé à suivre Pauline Harmange sur les réseaux sociaux.
C’est peu dire que j’étais très émue qu’elle accepte de répondre à mes questions.

Des hommes épuisants et une lutte interminable
Sur Wikipédia, on peut lire que l’idéologie de l’autrice est la misandrie et qu’elle appartient au mouvement du féminisme radical. Pauline Harmange se montre moins catégorique quand on l’interroge en ce sens.
« Au bout de 6 ans, j’arrive un peu à bout de souffle quand on me demande de parler de misandrie. (Il faut dire que j’ai dit tout ce que j’avais à dire sur le sujet il y a 6 ans, et je n’avais pas non plus tant de choses à dire vu que le livre fait 90 pages.) »
Pauline Harmange, pour Exprime
Toutefois, elle nuance son propos. Si le mot « misandrie » est encore repris et utilisé par tant de personnes, c’est sans doute parce que le combat contre la domination masculine est loin d’être achevé. Preuve en est que, partout dans le monde, les droits des femmes font l’objet d’attaques incessantes : avortement interdit, mariage forcé (parfois de mineures), inégalité salariale, etc.

« Ça ne cesse pas d’être urgent, de se détacher des hommes, pour se construire en tant que personne complète, le plus possible préservée de la médiocrité qu’on permet aux hommes dans le patriarcat. »
Une place à prendre : chacun·e la sienne
La dépression est au cœur du premier roman de Pauline Harmange, Aux endroits brisés. Dans notre monde hyperconnecté et où il semble pourtant si difficile de créer du lien, il est souvent difficile de préserver sa santé mentale.
Plus facile à dire qu’à faire, mais se constituer un groupe ou un réseau de soutien semble indispensable.
La romancière parle de son expérience avec du recul et une autodérision certaine.
« Je sais juste que ce qui m’a permis de m’en sortir, c’était tout ça, à travers le militantisme, mes amies et mes proches. (Et le yoga, mais est-ce qu’il y a une réponse plus « connasse de bobo blanche » que ça ? Je ne pense pas.) »
Dans ses romans suivants, De l’autre côté de la mère et Le renard, Pauline Harmange explore les différentes facettes et blessures de l’identité féminine, comme la maternité, les VSS, les relations familiales ou encore le rapport à la sexualité. Entre injonctions sociétales et aspirations personnelles, il n’est pas toujours simple de consolider sa propre identité pour s’affirmer face aux autres.
« Est-ce qu’être une femme est facilité quand on trouve sa place dans le monde — une place vraie, où on peut être soi-même, être soutenue et sentir qu’on a un impact ? Bien sûr. »

Une newsletter et un blog, autant d’espaces d’expression
Un invincible été est une newsletter envoyée le dimanche, une à quatre fois par mois. Via ce média, Pauline Harmange parle d’elle, de son quotidien, de ses actualités et de ses réflexions.
« J’y développe une pensée ou je partage des découvertes avec un sérieux qui me tient à cœur, c’est un endroit où j’existe pleinement en tant qu’écrivaine, et c’est aussi une partie de mon revenu annuel d’écrivaine. »
Elle a lancé ce format en 2021, alors qu’elle subissait encore l’intense cyberharcèlement consécutif à la parution de Moi les hommes, je les déteste.
« C’était un endroit un peu plus privé, à ce moment où je ne publiais plus rien sur mon blog parce que modérer les commentaires était très coûteux pour ma santé mentale. »
Ainsi, dans un contexte anxiogène et dangereux, Pauline Harmange s’est réapproprié l’écriture et l’expression.
Les années passant, elle a repris son blog pendant l’hiver 2025-2026, et elle ne se prive pas de chanter les louanges de ce format numérique.
« Les blogs, c’est super parce que c’est un endroit d’internet qui n’appartient qu’à soi, où on est libre de faire ce qu’on veut, de dicter les règles et de cultiver son jardin comme on l’entend. »
Pour rappel, un auteur majeur de cyberharcèlement peut désormais être condamné jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Tu peux en apprendre davantage sur le site Internet Sans Crainte.
Une actualité bouillonnante
Le 23 septembre, Minuscule Trésor, le premier album jeunesse de Pauline Harmange, a été publié par les éditions La Doux. Il est illustré par Élodie Shanta.
La romancière et l’illustratrice ont commencé une tournée de rencontres et dédicaces.

Et pour la suite du programme, parole à la première intéressée !
« J’ai beaucoup de projets sur le feu (je serai de retour en librairie début 2027 avec deux livres très différents), donc je n’ai pas prévu d’ateliers d’écriture pour l’instant. (Le meilleur moyen de se tenir au courant est de s’inscrire à ma newsletter !) »
Elle sera présente en dédicace le samedi 3 octobre au Festival des Livres d’En-haut, sur le stand du Biglemoi.
Tu peux aussi suivre l’actualité de Pauline Harmange sur son site et la retrouver sur son blog, son compte Instagram et son compte Bluesky.
EXPRIME, ça lui fait penser à quoi ?
Pauline Harmange reprend les propos de son amie Nathalie Sejean, ce qui te permet de noter un nouveau nom d’artiste à découvrir.
« Une des raisons d’être en vie c’est de parvenir à s’exprimer dans le monde. Trouver sa voix authentique et l’utiliser pour modifier le monde, un programme auquel j’adhère. »
L’équipe d’Exprime ne peut qu’adhérer à son tour !
Un peu de rage, mais la joie au coin des lèvres
L’échange avec Pauline Harmange nourrit ma détermination à toujours lutter pour les droits des femmes et à aider chacune à trouver sa place, et mon espoir d’échanges apaisés dans un monde où chacun·e saurait écouter et accepter l’autre.
Et toi, as-tu lu des livres de Pauline Harmange ?
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